Corrigés de philosophie

Spinoza, Ethique : Liberté d'action et déterminisme

Date d'ajout du sujet : 17/03/2017 • 54 vues
Texte étudié :

II n'est rien que les hommes puissent moins faire que de gouverner leurs désirs ; et c'est pourquoi la plupart croient que notre liberté d'action existe seulement à l'égard des choses où nous tendons légèrement, parce que le désir peut en être aisément contraint par le souvenir de quelque autre chose fréquemment rappelée ; tandis que nous ne sommes pas du tout libres quand il s'agit de choses auxquelles nous tendons avec une affection vive que le souvenir d'une autre chose ne peut apaiser. S'ils ne savaient d'expérience cependant que maintes fois nous regrettons nos actions et que souvent, quand nous sommes dominés par des affections contraires, nous voyons le meilleur et faisons le pire, rien ne les empêcherait de croire que toutes nos actions sont libres. C'est ainsi qu'un petit enfant croit librement désirer le lait, un jeune garçon en colère vouloir la vengeance, un peureux la fuite. Un homme en état d'ébriété aussi croit dire par un libre décret de l'âme ce que, sorti de cet état, il voudrait avoir tu ; de même le délirant, la bavarde, l'enfant et un très grand nombre d'individus de même farine croient parler par un libre décret de l'âme, alors cependant qu'ils ne peuvent contenir l'impulsion qu'ils ont à parler ; l'expérience donc fait voir aussi clairement que la raison que les hommes se croient libres pour cette seule cause qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés.

Spinoza, Ethique

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Note du corrigé :
  • Currently 5.00/5
• Proposé par : alaint • Nombre de mots : 4032 • Dernière mise à jour : 17/03/2017

Description laissée par l'auteur :

Commentaire très détaillé avec pour plan :
I. L'analyse détaillée du texte
1. Le désir et la liberté
2. Le jouet du déterminisme
3. L'explication de cette illusion
II. Intérêt philosophique: la liberté n'est-elle qu'une illusion ?
1. L'identité de la volonté et du désir
2. Le sens spinoziste de la liberté
3. La liberté comme nécessité conçue et comme pouvoir de maîtriser la nécessité.
Sont également mis en perspective avec ce texte les idées de Descartes, Kant, Leibniz ou encore Marx et Engels.

Extrait du corrigé :

extrait du corrigé Introduction

L’illusion de la liberté

Dans ce texte, Spinoza cherche à démontrer que l'illusion de la liberté repose en définitive sur une méprise : l'homme se sent cause de son action, mais il ignore les causes qui le déterminent. L'homme croit donc être un agent libre puisque la liberté n'est rien d'autre que la production d'une série causale. En effet, la volonté est libre si elle est cause de mon action sans être elle-même déterminée à agir de telle ou telle manière par une cause supérieure. Certes, je ne décide pas de mes désirs : les désirs s'imposent à moi. C'est en ce sens que Spinoza affirme qu'il « n'est rien que les hommes puissent moins faire que de gouverner leurs désirs ». Or, si je ne suis pas libre quand j'obéis à mes désirs, il s'ensuit que je suis libre quand je peux y résister, c'est-à-dire quand le désir lui-même n'est pas trop impétueux : c'est là l’opinion habituelle. La plupart des gens croient donc qu'il suffit, pour maîtriser un désir pas trop violent, de se rappeler les désagréments qu'on a éprouvés la dernière fois qu'on y a cédé. En sorte que nous ne sommes pas libres de dominer tous nos désirs. Or, cette opinion est indéfendable, comme le montre Spinoza dans la seconde partie du texte. On a tous commis des actes qu'on a ensuite regrettés, que ce soit pour leurs conséquences désastreuses ou par mauvaise conscience. Souvent donc, « nous voyons le meilleur et faisons le pire » : nous savons ce qu'il faudrait faire, ce qui serait soit utile pour nous, soit moralement recommandable ; et cependant, nous ne pouvons nous y résoudre, et faisons tout le contraire. Comment alors affirmer que nous avons toujours la liberté d'agir contre nos désirs?

Le déterminisme

La dernière partie du texte explique ce point : le nourrisson n'est pas libre de désirer le lait, le bavard de parler, le couard de fuir. En effet, le peureux voudrait parfois montrer un

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