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Descartes, Lettre au Père Mesland : Indifférences négative et positive

Date d'ajout du sujet : 02/02/2010 • 3 239 vues
Texte étudié :

L'indifférence me semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous sommes indifférents. Mais peut-être d'autres entendent-ils par indifférence la faculté positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires, c'est-à-dire de poursuivre ou de fuir, d'affirmer ou de nier. Cette faculté positive, je n'ai pas nié qu'elle fût dans la volonté. Bien plus, j'estime qu'elle s'y trouve, non seulement dans ces actes où elle n'est poussée par aucune raison évidente d'un côté plutôt que de l'autre, mais aussi dans tous les autres ; à tel point que, lorsqu'une raison très évidente nous porte d'un côté, bien que, moralement parlant, nous ne puissions guère choisir le parti contraire, absolument parlant, néanmoins, nous le pouvons. Car il nous est toujours possible de nous retenir de poursuivre un bien clairement connu ou d'admettre une vérité évidente, pourvu que nous pensions que c'est un bien d'affirmer par là notre libre arbitre.

Descartes, Lettre au Père Mesland

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Note du corrigé :
  • Currently 5.00/5
• Proposé par : momo4481 • Nombre de mots : 3467 • Dernière mise à jour : 24/03/2017

Description laissée par l'auteur :

Commentaire entièrement rédigé en deux parties :
Qu'est-ce qui définit le libre-arbitre ?
II. Le libre-arbitre est-il si évident ?
Commentaire du professeur : «C'est un peu trop long mais il y a une analyse très pertinente, avec une bonne conceptualisation. 17/20»

Extrait du corrigé :

Nécessité morale d'affirmer la liberté humaine et impossibilité de nier l'existence des déterminismes conduisent inéluctablement à un paradoxe que Descartes, un des philosophes les plus remarquables du 17eme siècle, tente de résoudre dans ce texte en situant la liberté dans l'exercice raisonné de la volonté. Sa démarche philosophique profondément rationnelle basée sur le doute radical et méthodique se fonde ainsi sur une première évidence métaphysique, formule célèbre du Cogito promise à une glorieuse postérité : « Je pense donc je suis ».

Cet extrait s'articule autour de deux phases distinctes du raisonnement : Après avoir clarifié le concept d'indifférence positive, Descartes élargit son champ d'application en affirmant que le libre arbitre consiste non seulement en une capacité d'initiative volontaire destinée à s'extraire de l'indétermination, mais également en la faculté de se dégager des déterminismes moraux.

La notion d'indifférence négative recouvre selon Descartes l'ensemble des cas où l'homme est libre de décider sans y être déterminé par aucun motif ni mobile. Cette impartialité qui conduit à l'hésitation doit donc selon lui être levée par la volonté.
Selon l'auteur, l'homme qui se trouve face à un choix réel, c'est à dire lorsque son juge-ment n'est pas explicitement guidé par l'évidence, ne peut décider qu'en faisant l'usage de sa volonté : cet argument de bon sens se justifie par l'expérience collective. Toutefois, il convient de ne pas entendre par évidence un présupposé non démontré immédiatement accessible à la conscience, ce qui conduirait à un paradoxe puisque l'évident serait alors ce qu'il y a de plus irrationnel. Au sens cartésien, l'évidence réside au contraire dans l'aboutissement du raisonnement méthodique, pur produit de notre entendement, et non dans le préjugé qui s'impose à nous en dehors de toute démonstration ou dans des « syllogismes probables ». On retrouve ici la démarche de

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